Soixante ans après la disparition de Mehdi Ben Barka, la quête de vérité demeure

Hier le 29 Octobre 2029 à Paris, devant Devant le Café du Lipp, dans le 6ᵉ arrondissement de Paris, Une centaine de personnes se sont rassemblées ce mercredi pour commémorer le 60ᵉ anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka. C’est ici même, le 29 octobre 1965, que l’intellectuel et figure de l’indépendance marocaine avait été enlevé. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Comme chaque année, la famille Ben Barka, des personnalités politiques, des militants associatifs et des représentants de la société civile française et marocaine se sont retrouvés pour rappeler que la vérité n’a toujours pas été établie.« Soixante ans après, nous ne savons toujours pas où repose mehdi», a rappelé Bachir Ben Barka, le fils du disparu. Il a dénoncé l’absence d’avancées judiciaires, précisant que seule la nomination d’un quatorzième juge d’instruction a eu lieu depuis l’an dernier. Selon lui, « les autorités marocaines continuent de refuser de coopérer avec la justice française ».Parmi les présents figuraient notamment Matthias Tavel, le député de La France insoumise de la circonscription de Saint Nazaire , des avocats, des représentants du SNES-FSU, de la Ligue des droits de l’homme, ainsi que plusieurs organisations marocaines de défense des droits humains, dont l’Association du droit de l’homme au Maroc (ASDHOM).
Les participants ont ensuite été accueillis dans le siège associatif Le Malté Rouge, situé non loin de la place de la République, pour un dîner-débat.


Les prises de parole se sont succédés, à commencer par celle de Bachir Ben Barka, suivie d’interventions de représentants du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), l’union syndical solidaire ,d’autres personnalités et de l’ASDHOM

Une représentante du mouvement GNZ 212 a exprimé sa solidarité avec la famille Ben Barka et rappelé les récentes arrestations au Maroc, qu’elle estime à plus de 2 200, dont trois cas ayant conduit à la mort. Elle a également annoncé un nouveau rassemblement prévu samedi prochain sur le parvis du Trocadéro, en soutien aux libertés et aux droits humains au Maroc.

Les échanges ont également ravivé la question, toujours sensible, du rôle des autorités françaises dans cette affaire d’État. Plusieurs intervenants ont rappelé que de nombreuses zones d’ombre subsistent quant au degré d’implication, à l’époque, des plus hautes sphères de l’État français — du président Charles de Gaulle? au Premier ministre Georges Pompidou?, en passant par certains responsables de la police.Soixante ans après les faits, l’émotion reste intacte. Comme chaque année, la commémoration s’est achevée sur cette question, devenue symbole d’une attente interminable :« Où est Mehdi Ben Barka ? »



