Présidentielle 2027 : Les étrangers au cœur du débat politique et du projet référendaire de Bruno Retailleau

L’ancien ministre de l’Intérieur, BrunoRetailleau, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Dans sa déclaration, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « dérives de l’État de droit » et a proposé, s’il est élu, de soumettre directement par référendum plusieurs grands textes de loi. Parmi ses priorités figure une réforme profonde de la politique migratoire, avec un objectif affiché de réduire drastiquement l’immigration.
Cette stratégie n’est pas sans rappeler celle de Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, qui avait fait de l’immigration un axe central de son discours politique.
À plusieurs reprises durant son mandat, Nicolas Sarkozy avait proposé des ajustements législatifs sur les questions migratoires, notamment dans des contextes de tension politique ou de recul dans les sondages.

L’immigration apparaît ainsi comme un levier récurrent dans le débat public français, mobilisé par une partie de la droite et de l’extrême droite pour affirmer une ligne d’autorité et de fermeté.
Pour Bruno Retailleau, le recours au référendum constituerait un moyen de redonner directement la parole au peuple sur des sujets jugés fondamentaux.
Il inscrit cette démarche dans une critique plus large des institutions et du fonctionnement actuel de l’État de droit.
Toutefois, ses opposants estiment que cette orientation risque de polariser davantage la société et de réduire des enjeux complexes à des formules simplificatrices.
Le choix de placer l’immigration au centre du projet présidentiel suscite déjà de vives réactions. De nombreux acteurs politiques et associatifs rappellent que les étrangers occupent une place significative dans l’économie et la société françaises.
Durant la crise sanitaire du Covid-19, par exemple, une part importante des travailleurs dits « de première ligne » — soignants, agents d’entretien, ouvriers, livreurs — était issue de l’immigration.
Leur contribution a été largement saluée à l’époque, mettant en lumière leur rôle essentiel dans le fonctionnement quotidien du pays.
Les défenseurs d’une approche plus inclusive soulignent également que l’histoire économique et sociale de la France est profondément marquée par l’apport de vagues migratoires successives.
Ils reconnaissent l’existence de défis liés à l’intégration, à la sécurité ou à l’emploi, mais contestent l’idée que les difficultés économiques et sociales puissent être imputées principalement aux étrangers.
À l’approche de 2027, la candidature de Bruno Retailleau ouvre ainsi un nouveau chapitre du débat national sur l’immigration, la souveraineté populaire et l’État de droit. Entre volonté de réforme institutionnelle par référendum et accusations d’instrumentalisation politique, la campagne s’annonce déjà comme un terrain de confrontation idéologique majeur.



