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Ramadan 2026 : Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, « symbole de la division » au cœur de la double annonce

Hier, la communauté musulmane de France a été confrontée à deux annonces distinctes concernant le début du ramadan 2026, correspondant à l’année 1447 de l’Hégire . Une situation qui, une fois encore, met en lumière les divergences d’approche et les tensions institutionnelles autour de la gestion du culte musulman dans l’Hexagone.

La première annonce est venue du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui a fixé le premier jour du jeûne au jeudi 19 février 2026.

Quelques heures plus tard, la Grande Mosquée de Paris, par la voix de son recteur Chems-eddine Hafiz, a déclaré que le ramadan débuterait dès le mercredi 18 février.

Une institution au passé chargé

Fondée en 1922 sous l’impulsion du sultan Moulay Youssef et par ordre de l’Association des Habous (biens religieux), la Grande Mosquée de Paris occupe une place symbolique majeure.

Son siège administratif est historiquement lié au Palais Royal, et l’Association des Habous demeure propriétaire des lieux.

Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, le rectorat de la mosquée a progressivement été confié à des personnalités perçues comme proches des autorités algériennes.

Avant Chems-eddine Hafiz, Dalil Boubakeur a longtemps dirigé l’institution.

Cette histoire institutionnelle pèse encore aujourd’hui sur la lecture politique de certaines décisions.

Calcul scientifique oualignement traditionnel ?

La divergence actuelle repose sur deux méthodes distinctes.

Le CFCM privilégie les calculs astronomiques scientifiques, basés sur l’observation prévisionnelle de l’apparition du croissant lunaire (croissant lunaire marquant le début du mois).

Cette approche est partagée par le Conseil européen pour la fatwa et la recherche, qui a également annoncé le début du ramadan au jeudi 19 février 2026.

De son côté, la Grande Mosquée de Paris s’inscrit historiquement dans une tradition d’alignement sur l’annonce des autorités saoudiennes, privilégiant l’observation effective du croissant lunaire.

L’Association Hilal, spécialisée dans l’observation du croissant, a indiqué que mardi soir ,le croissant n’était visible, ce qui, selon ses critères, conduit également à fixer le début du ramadan au jeudi 19 février.

Des arrière-plans politiques ?

Au-delà de la question astronomique, certains observateurs voient dans cette divergence une dimension politique.

Le président du CFCM étant d’origine marocaine, l’annonce discordante de la Grande Mosquée de Paris est interprétée par certains comme une volonté de marquer une distance, voire de contrarier une initiative perçue comme marocaine.

Chems-eddine Hafiz, avocat réputé proche des autorités algériennes, est ainsi qualifié par ses détracteurs de « symbole de la division » des musulmans en France.

Ses prises de position médiatiques, notamment lorsqu’il a déclaré sur la chaîne BFMTV que le hijab (voile islamique) « n’a pas sa place en France », ont également suscité de vives réactions.

Pour certains fidèles, un représentant du culte musulman devrait adopter une posture plus fédératrice.

L’héritage du CFCM et la quête d’unité

Créé en 2003 à l’initiative de Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur, le Conseil français du culte musulman avait pour objectif de structurer l’islam de France et d’offrir aux pouvoirs publics un interlocuteur unique.Vingt ans plus tard, la double annonce du ramadan 1447 illustre les limites de cette ambition d’unité.

Pour de nombreux fidèles, ces divergences récurrentes brouillent le message religieux et fragilisent la cohésion communautaire.

Alors que le mois de ramadan — période de jeûne, de prière et de solidarité — est censé incarner l’unité spirituelle, la répétition de ces désaccords laisse transparaître des agendas institutionnels et, selon certains analystes, des rivalités politiques importées dans le champ religieux français.

Une chose est sûre : une grande partie des musulmans de France aspire avant tout à la clarté et à l’unité.

Hassan Nourelyaqine

Hassan Nourelyaqine Écrivain - journaliste , actif depuis les années 90, il a collaboré avec de nombreux journaux nationaux et régionaux. Titulaire d’un doctorat ainsi que de diplômes de deuxième et troisième cycles universitaires obtenus dans plusieurs universités françaises (Corse, Arras et Valenciennes), il est également détenteur de la carte de presse depuis 1995.

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