Face à la colère des MRE, Ryad Mezzour doit-il démissionner ?

L’intervention récente de Riad Mezouar au sujet des Marocains résidant à l’étranger (MRE) souhaitant s’installer au Maroc a suscité une vague d’indignation au sein de la diaspora.
De nombreux membres de la communauté marocaine à l’étranger estiment que le ministre du Commerce et de l’Industrie a manqué de clarté, de pédagogie et surtout de considération dans sa manière d’aborder un dossier aussi sensible.
Depuis plusieurs années, les Marocains du monde expriment leur volonté de contribuer davantage au développement économique national, que ce soit par l’investissement, le transfert de compétences ou un retour définitif au pays.
Or, selon plusieurs observateurs associatifs et économiques , le discours du ministre n’a pas apporté les réponses concrètes attendues concernant les mécanismes d’accompagnement, les incitations ou la simplification administrative.
Beaucoup regrettent également l’absence de communication proactive. « Nous ne l’avons jamais entendu présenter un véritable constat structuré sur la situation des MRE investisseurs », confient des acteurs associatifs établis en Europe.
Pour eux, la fonction ministérielle impose non seulement des résultats, mais aussi une capacité à dialoguer avec intelligence et respect avec l’ensemble des citoyens, y compris ceux établis à l’étranger.
Cette controverse prend une dimension particulière au regard des orientations stratégiques régulièrement exprimées par Mohammed VI, qui, à chaque grande occasion nationale, souligne le rôle central des Marocains du monde dans le développement du Royaume. Les discours royaux ont constamment insisté sur la nécessité de valoriser les compétences des MRE, de faciliter leurs investissements et de renforcer les liens institutionnels avec eux.
Pour les critiques du ministre, le décalage entre ces hautes orientations et la communication gouvernementale actuelle est préoccupant. Ils estiment qu’un responsable public se doit d’être en phase avec la vision royale et de traduire celle-ci en mesures concrètes et en messages mobilisateurs.
Dans les démocraties où la responsabilité politique est pleinement assumée, rappellent certains membres de la diaspora, un responsable dont la communication et l’action sont jugées insuffisantes face à un enjeu stratégique peut être amené à tirer les conséquences politiques de ses positions.
Au-delà de la polémique, cette affaire révèle surtout une attente profonde : celle d’un dialogue structuré, transparent et respectueux entre les institutions marocaines et leurs citoyens établis à l’étranger.
Car pour les MREs , il ne s’agit pas seulement d’investissement ou d’installation, mais d’un attachement durable à la mère patrie qui mérite reconnaissance, écoute et considération.



